La drague autour de la méditerranéenne

Les méditerranéens ont des constances que l’on retrouve à Marseille, Alger, Gênes ou Casablanca. Ce film explore la drague du point de vue féminin.

Drague et séduction au Maroc point de vue des filles

La drague à l’algéroise

La drague à l’algérienne, je dirai plutôt à l’algéroise a son manuel et son chantre, il s’agit du film de Merzak ALLOUACHE, et paru en 1976 , portant le titre Omar Gatlato, que l’on peut traduire sans le trahir par : Omar, ou l’hommitude qui tue !

Charismatique, bagarreur et amoureux de la vie, Omar, jeune inspecteur des fraudes de Bab-El-Oued, est passionné de musique chaabi (musique populaire algérienne) ou hindoue ( films Bolywood de l’époque)qu’il enregistre dans les cinémas de la ville. Un ami lui donne, un jour, une minicassette sur laquelle une jeune fille lui susurre quelques mots…
Le film tournant du cinéma algérien, décrivant avec humour le désœuvrement, l’ennui et la débrouille d’une grande partie de la jeunesse confrontée au chômage, au manque de logement et à la séparation des sexes.

Source.

Le générique à lui tout seul est un monument 🙂

Omar Gatlato,n’est pas un film léger, c’est peut-être l’étude sociologique crue de la société algérienne la plus vraie et non censurée qui ait été faite à ce jour.
Plus léger voire futile, en 2020 , une femme algérienne donne de recettes de dragues aux hommes.

La drague en Tunisie

Je vous invite à lire cette enquête très fouillée de jeune Afrique, ou l’auteure souligne :

Une attitude révélatrice des contradictions d’une société en mutation qui tantôt nie la sexualité et la solitude, tantôt se lance à corps perdu dans la quête d’un défoulement.

Entre séduire et « draguer », il faut choisir !

La différence entre ces deux termes ne saute pas immédiatement aux yeux. Pourtant, les procédés, les buts ne sont pas identiques, même si parfois ils peuvent se ressembler et même s’il peut arriver que les buts finissent par converger.
La séduction représente un champ très large concernant les moyens à déployer, proportionnel aux nombreux buts recherchés, consciemment ou non.
L’une de ses particularités c’est qu’elle est pour ainsi dire innée aussi bien chez les humains (hommes et femmes) que chez les animaux. Un besoin instinctif de plaire, d’attirer l’attention et si possible l’admiration voire … l’amour ! L’amour au sens large du terme aussi bien sous sa forme dite « platonique », qu’en tant qu’attirance et désir sexuel.
C’est là que réside l’ambiguïté du « phénomène séduction ». Il dépasse largement l’aspect purement sexuel (il exige plus) tout en l’englobant le cas échéant, sans que cela soit un passage obligé. La preuve, la séduction peut être utilisée dans de nombreux domaines n’ayant aucun lien avec le sexe.
Le marchand de quatre saisons déploie des trésors de subterfuges pour rendre ses achalandages séduisants ; il prend soin lui-même de son corps et de son port vestimentaire pour « accrocher» les chalands(es) et surtout , développe, affûte son bagout de manière à ne pas laisser indifférent, même si, au final, il ne vend rien.
Il en est de même pour les artistes, les hommes politiques, les amuseurs publics, ou parfois de simples individus en mal de reconnaissance qui cherchent amitié ou au moins que l’on s’intéresse à eux l’espace d’un instant.
La drague, c’est autre chose. Elle pourrait même s’apparenter à un « art », certes, marginal, non reconnus comme tel, suscitant à la fois dédain, méfiance, réprobation, mais aussi la sympathie, l’amusement et même l’admiration…
Le dragueur, au sens le plus courant du terme a un but précis : la conquête sexuelle, souvent pour une aventure passagère. Les dragueurs sont souvent d’ailleurs des « collectionneurs », plus ils ont de têtes à accrocher à leur tableau de chasse, plus ils sont confortés non seulement quant à leurs performances sexuelles, mais aussi à leurs « professionnalisme », puisqu’à la fin, cela devient pour eux un jeu et une fin en soi. Il existe même des « dragueurs-parieurs »
– « Untelle, je l’aurai dans les 24 heures qui viennent, tu paries combien ? ».
Bien entendu, là encore, il s’agit d’un jeu comme au poker ou pour les courses de chevaux. Le but n’étant pas forcément l’argent, mais de lancer des défis, de les gagner, de cocher une case de plus à son palmarès et d’en mettre plein les yeux aux copains, histoire de leur montrer sa suprématie ou d’entraîner quelques uns afin de chasser en meute, quitte ensuite à se disputer pour le partage des proies !

Culture maghrébine : dragueurs ou séducteurs, même règles, mêmes obligations

Il est vrai et nous le disons sans aucun parti-pris religieux, idéologique ou on ne sait quelle arrière-pensée, que l’Islam n’a jamais réprouvé la sexualité, tant qu’elle se réalise dans les limites des « Houdoud Allâh » (Limites de Dieu) (1), c’est-à-dire dans le cadre du mariage légal, selon les principes édictés par le Coran et « canonisés », c’est-à-dire devenu obligatoires par les exégètes à travers leurs interprétations qui ont donné ce corpus juridique appelé « charia ».
Pourtant, dans la réalité, la tolérance, voir la « licéité totale » de la vie amoureuse même en couple légalement réuni n’est pas aussi évidente, tant les tabous, les interdits traditionnels imposés par la communauté, (donc sans base juridictionnelle religieuse explicite) sont nombreux et encore omniprésents dans toutes les couches de la société, aisées ou non.
La règle fondamentale, le dénominateur commun dans le domaine tient en réalité en seul mot : la pudeur. La pudeur de rigueur dans tous les domaines touchant de près ou de loin à l’amour. Même au sein des familles (très souvent nombreuses) où la promiscuité la rend quasiment salutaire.
Mais les voies menant au « paradis » du mariages légale, même réglementées elles aussi par la charia et certaines traditions qui lui sont antérieurs sont si nombreuses, les humains si inventifs qu’en fait aucune loi ne peut réellement les cerner, les baliser totalement et encore moins les empêcher, tant la vie peut échapper aux règles et l’amour se frayer des passages aux endroits les plus surveillés.
Alors, que dire, des dragueurs et des séducteurs obligés de faire avec une société sourcilleuse sur les règles comportementales, notamment concernant les rapports hommes-femmes avec pour ligne directrice minimum l’observation stricte de la pudeur au sens le plus large du terme en tant que règle quasiment sacrée, partagée par tous les Maghrébins quelles que soient leur situation sociale? Au moins trois choses :
– cette règle reste unanimement partagée par l’ensemble de la société y compris les milieux dits « marginaux ». C’est une sorte de dénominateur commun qui permet à l’ensemble des membres de la communauté maghrébine, aussi bien dans les pays d’origine qu’au sein de la diaspora en France et en Europe et dans le monde, de se retrouver, se reconnaître et de déclencher, mettre en valeur ce trésor inestimable qu’est la confiance et la sérénité dans les rapports, même concernant la préoccupation majeure : l’amour.
– elle a été renforcée par la force des choses au vu des évolutions connus par les sociétés maghrébines ces deux dernières décennies, notamment à cause de ce que l’on appelle le « fondamentalisme islamique » qui revendique notamment l’application stricte de la « charia ». Cette poussée religieuse s’est emparée de l’ensemble du monde arabo-musulman (nous entendons par là aussi bien les pays dits « arabes » que l’ensemble du monde musulman, du Maghreb à l’Indonésie en passant par l’Afrique Subsaharienne).
Comme une poussée de fièvre, cette vague fondamentaliste, réclamant le retour à un Islam « pur et dur » a eu pour conséquence des résultats plus que négatifs, le moins que l’on puisse dire. Guerre civile en Algérie, régression des libertés individuelles à tous les niveaux et surtout – pour ce qui nous intéresse ici – dans le domaine des rapports amoureux, concernant même le mariage légal et par conséquent, les voies permettant d’y parvenir ; c’est à dire les possibilités de rencontres, de choix du partenaire, la possibilité pour les amoureux de vivre une période d’essai (même en restant chastes), le temps de vérifier si vraiment une vie commune est possible…
Les pays du Maghreb, qui ont connu après leurs indépendances des avancées spectaculaires dans tous les domaines (modernisation, industrialisation, formation massive de jeunes générations dans toutes les disciplines et tous les métiers), sont rentrés brutalement dans une phase régressive, notamment concernant la réglementation des mœurs, avec l’imposition de nouveaux codes comportementaux souvent « exogènes », importés des pays d’Asie mineure (Afghanistan, Pakistan…), appliqués surtout aux femmes.

Amours, séduction et drague à l’ »ancienne »

Retournons un peu en arrière et voyons comment se passaient les choses, avant le déferlement de cette vague « puritaine » ultra-répressive, agissant (de façon abusive) parallèlement aux lois légales modernes, gagnées de haute lutte et beaucoup plus permissives
Nous le disions au début de cet articles: l’Islam, depuis son apparition, n’a jamais réprouvé la sexualité, bien au contraire, Coran et jurisprudence se sont toujours complétés pour définir le cadre idéal qui permette son plein épanouissement : le mariage légale, mais aussi une relative liberté concernant les voies qui permettent de réaliser l’union entre deux êtres qui ont décidé de s’aimer et de partager leur vie. A tel point que toute une littérature consacrée à l’amour s’est développée, notamment chez d’éminents penseurs-écrivains réputés par ailleurs pour leur piété et leur parfaite connaissance du Coran et de la « sunna » (ensemble des propos et comportements attribués au Prophète et à ses Compagnons et consignés dans des livres que l’on appelle « recueils de Hadîth »).
Dans la conception arabo-musulmane classique, le désir, au vu de sa complexité porte plusieurs noms: il est ‘ichq, hawâ, sibâ, mais aussi « chahoua » (concupiscence) pour son côté attirance charnelle non voilée et même ouvertement réclamée. C’est le désir « profane », admis, même si dans ses formes il peut parfois provoquer la gêne et des appels à la modération (toujours ce précepte de pudeur, la « hichma »).
La littérature classique abonde sur ce que l’on appelle l’»amour courtois ». La société était pourvoyeuse de solutions dont l’opportunité pouvait être remise en question, a conçu des tactiques qui aident au rapprochement sinon à la sublimation en cas majeur d’empêchement. Les moyens de communication étant autres à l’époque, la poésie jouait un rôle central dans la transmission des sentiments de l’amoureux transi qui savait que, de bouche à oreille, son appel enflammé ou rempli de détresse allait parvenir tôt ou tard à l’être aimé qui saurait s’y reconnaître.
Les canons de l’amour courtois furent établis aux alentours du Xème siècle. Notamment en Andalousie arabo-musulmane, et nous devons cette mutation extraordinaire essentiellement à Ibn Hazm (993-1064), grâce à son livre « Tawq al-Hamâma » (Le Collier de la colombe). Les spécialistes citent souvent aussi Ibn Daoud, « le théoricien de l’amour courtois ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibn_Dawoud ) .
L’ouvrage de Ibn Hazm, outre ses qualités littéraires indéniables est un trésor en matière de « sociologie du comportement » concernant les rapports courtois en général de l’époque, mais surtout en ce qui concerne les rapports amoureux. Il fourmille de détails sur la vie quotidienne des femmes et des hommes, les rapports licites qu’ils pouvaient entretenir ouvertement et en public, mais aussi, ceux cachés réservés aux initiés et aux amateurs qui cherchaient à transgresser autant que faire se peut, les règles de réserve et de hichma de mise à l’époque.
Mais pourquoi ce flash-back sur un passé si lointain et révolu ? Tout simplement parce que les musulmans et les juifs d’Andalousie, chassés par la Reconquête se sont rabattus sur les terres maghrébines, essentiellement Maroc et Algérie et dans une moindre mesure en Tunisie. Ils ont emmenés avec eux tout leur savoir-faire dans tous les domaines y compris leurs modes de vie et de pensée, qu’ils ont transmis peu à peu aux sociétés d’accueil, qui à leur tour les ont perpétués à travers les siècles et jusqu’à nos jours…
Ce mode de vie est venu enrichir les cultures locales, notamment en ce qui concerne les relations amoureuses, les modes de séductions et les moyens utilisés aussi bien sur le plan comportementale que sur les modes d’expression : poésie, chants, musiques, littérature…
Des traces flagrantes sont encore perceptibles dans les grandes villes où les Andalous se sont installés, sur tous les plans, y compris l’architecture, la cuisine, l’agriculture ou les modes vestimentaires. Et bien sûr la poésie comme nous le disions, moyen de communication privilégié qui a perduré longtemps après la chute de l’empire arabo-musulman et s’est maintenu même sous la domination Ottomane puis Française. La poésie comme moyen de communication, de séduction, d’»appel du pied » pour ne pas parler de drague n’a perdu ce rôle de message ciblé qu’après la colonisation Française et les chambardements qui s’en sont suivis sur le plan de l’urbanisation, les déplacement de populations entières et surtout l’introduction de nouveaux moyens de transports et de communication : train, voitures, journaux, téléphone, poste, télégramme, cinéma, radio etc…

La poésie populaire Malhoun amoureuse : les mots pour séduire

Le genre Malhoun, comme toute poésie a abordé plusieurs thèmes dont notamment ceux à caractère religieux, généralement des odes ou des hymnes destinés à la gloire de Dieu ou au Prophète. Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la poésie populaire consacrée à l’amour sous toutes ses formes.
Les noms de grands « poètes populaires » maghrébins sont si nombreux qu’on ne saurait les citer tous. Et encore moins leurs œuvres, abondante, riche et dite dans une langue populaire (dialectale) très proche de l’arabe classique.
Le plus célèbre d’entre eux est certainement le nommé Mohammed Belguitoun avec sa fameuse Qacida (3) sur sa muse Hyziya. Ce poème flamboyant, chanté plus tard par le grand interprète du genre appelé « bédouin » Khlifi Ahmed a fait le tour de tous les pays du Maghreb et au delà. (https://www.youtube.com/watch?v=DF5EfY814tI)

Le messager : dans le secret des alcôves

Le « billet doux » existait aussi, à la manière maghrébine. Le messager fait partie d’une tradition arabe très ancienne ; c’est l’ancêtre fastueux et légendaire du facteur moderne. Il était l’intermédiaire par excellence de la liaison amoureuse. En général, c’était le compagnon ou le serviteur du poète. Cavalier comme son maître, il pouvait parcourir des distances très importantes souvent dans des contrées désertiques et sauvages pour transmettre le précieux message confié par le maître.
Auparavant, et avant le départ, le maître lui donne tous les conseils nécessaires permettant de faire parvenir le message dans les bonnes mains et surtout de faire lui-même bonne figure afin de représenter dignement le prétendant. Généralement, il lui donne le nom de la bien-aimée, une description précise de sa physionomie, les habits qu’elle aime porter habituellement et cela va jusqu’à la façon dont il doit la saluer et les mots qu’il doit utiliser.
Souvent, le messager était choisi pour quelques déficiences physiques comme par exemple les aveugles : la cécité mettait en confiance la récipiendaire du message, lui épargnant le regard d’un étranger, même s’il s’agit de l’envoyé personnel de son soupirant.
Les mendiants étaient aussi mis à contribution, car ils pouvaient frapper aux portes sous prétexte de demander une aumône et profiter pour glisser furtivement le message. Ils étaient assurés de recevoir une récompense en retour.
Mais le billet doux était sujet à grande surveillance et les trahisons nombreuses. On remplaça donc l’aveugle par le sourd- muet.
A cela il faut ajouter le personnage de la servante, fidèle, soumise, qui ne peut s’ériger en rivale et dont on ne peut craindre aucune perfidie.

Drague et séduction à l’heure des réseaux sociaux

Comme nous le disions plus haut, les pays du Maghreb ayant subis ces deux dernières décennies des mouvements sociaux de grande ampleurs, suivis de changements politiques importants, des bouleversements importants sont apparus sur le plan de la vie sociale et donc dans les règles qui régissent les relations entre individus, notamment concernant tout ce qui a trait aux relations hommes-femmes et donc tout ce qui touche à l’amour que cela soit dans le cadre légal du mariage ou des relations « informelles » déjà difficiles en « temps normal ».
L’espace public (rue, cafés, restaurants, salles de spectacles et autres lieux de loisirs) s’est en large partie « islamisé » au sens le plus restrictif du terme et les femmes ont en été exclues à moins de porter le hijâb et/ou d’être accompagnées par un homme, époux ou membre de la famille.
Les chances de rencontres et de contact se sont donc considérablement réduites, et la surveillance de la part de citoyens auto-proclamés gardiens des bonnes mœurs s’est accrue. Aussi bien « au bled » qu’au sein de la diaspora en France et ailleurs…
Sur le Net, on passe sans transition de la séduction à la drague, moyennant juste quelques précautions et en respectant quelques codes histoire de ne pas « rater l’affaire ».
L’internet, les réseaux sociaux sont aux antipodes de la drague-séduction à l’ancienne avec son côté humain, poétique, amusant où le talent oratoire, les ruses avec l’aide et la complicité du partenaire et des proches donnaient du piquant à l’aventure, se transformant en jeu pouvant déboucher sur une récompense à la hauteur des efforts consentis et des dangers bravés.
Avec l’internet, c’est plutôt bref, on ne tourne pas trop autour du pot et globalement, « ça passe ou ça casse » comme on dit communément.
Le fait est que les réseaux sociaux ont leurs avantages par rapport au raidissement de la société.
– ils permettent un anonymat plus ou moins garanti par les opérateurs en charge des pages personnelles que l’on peut ouvrir désormais avec une facilité déconcertante et ce, à l’échelle de la planète. Et y raconter à peu près ce que l’on veut.
– ils évitent les déplacements pénibles et/ou dangereux surtout en ces temps de confinement généralisé.
– contrairement au contact direct, impromptu, dans la rue ou ailleurs où l’on est sous l’effet de la surprise, du stress, obligé de faire un effort d’improvisation, le contact via une page permet de mesurer ses propres propos et de passer au trébuchet celle de l’Autre, celui qui prétend s’intéresser à vous. Après, on a le choix : à prendre ou à laisser !
Nous avons passé en revue quelques pages personnelles et constaté que :
– outre les pages vouées à des activités clairement annoncées : militances en tout genre, culture, recherche avouée d’amitiés autour de projets précis, l’essentiel de ses pages était bel et bien à vocation rencontre et drague inavouée.
– surprise : la majorité de ces pages sont tenues par des femmes avec des procédés originaux qui méritent que l’on s’y attarde sans prétendre en donner les motivations profondes.
– ces femmes, jeunes ou moins jeunes (elles ne donnent naturellement pas leur âge) prennent majoritairement des pseudonymes curieux. Généralement des « noms » à deux syllabes séparées ornées de signes diacritiques (allusion à l’écriture arabe et donc à leur arabité ?).
– presque jamais de photos « franches », sinon de dos ou de vagues silhouettes prises de très loin, quand ce n’est pas carrément des photos glanées sur le net…
– l’utilisation de l’arabe dialectal en caractères latin dans une écriture « phonétique » sauvage. Sans doute pour éviter l’arabe (pourquoi ? Question de logiciel ? De clavier?, Moyen d’éviter la fusha, l’arabe littéral ? Moyen d’éviter aussi le Français de moins en moins maîtrisé même par les jeunes générations scolarisées ?). Parfois, c’est un mélange de Français et d’arabe dialectal qui est utilisé.
– en revanche, l’animatrice de la page n’hésite pas à dire ce qu’elle aime , dans tous les domaines, ce qu’elle déteste et réprouve, à partager des posts qu’elle juge intéressants en attendant les réactions de ses abonnés(es). Bref, elle trace en filigrane ou en pointillés son profil, à la recherche d’un autre profil qui concorderait.
En conclusion, cela confirme ce que beaucoup d’études récentes révèlent :
– les femmes maghrébines, aujourd’hui, qu’elles vivent au bled ou au sein de la diaspora sont plutôt exigeantes. Elles ne cherchent pas forcément l’homme fortuné et rejettent sans détour le style « macho » frimeur, inconsistant…
– même le côté physique les intéresse moins que l’aspect « humain », surtout si la personne révèle un certain niveau de culture sans que cela soit une simple façade.
-elle semblent ouvertes concernant l’origine du prétendant, le seul point où cela coince un peu restant l’appartenance religieuse.

Notes :

(1) Abdelouahab Bouhdiba. La sexualité en Islam
(2) La poésie populaire (chi’r malhûn) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Melhoun)
est celle qui a succédé à la poésie dite classique. Dite en arabe dialectal, elle circulait surtout oralement, un peu à la manière de la poésie arabe d’avant l’Islam. Bien entendu, aussi bien sous l’ère Ottomane que sous la colonisation Française, des écoles existaient, des bibliothèques, et des scribes consignaient ces poèmes par écrit dans des recueils qui nous sont parvenus intacts. Déclamée et transmise oralement surtout, de nombreux poèmes furent par la suite mis en musique et chantés par de grands interprètes spécialisés dans le malhoun, appelé aussi « bédoui » (bédouin) ou « sahraoui » (saharien).
(3) La Qacîda populaire est une pièce de poésie qui ressemble à celles de la poésie arabe classique quant à son organisation, sauf qu’elle est dite en arabe dialectal.

Références numériques :

https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/05/19/au-maroc-confinement-et-ramadan-profitent-a-la-drague-en-ligne_6040060_4500055.html
https://www.terrafemina.com/article/youtube-la-webserie-seduire-aborde-la-seduction-chez-les-femmes_a350285/1
http://www.slateafrique.com/393508/seduction-petites-astuces-pour-draguer-alger
https://www.grazia.fr/culture/series-television/dopamine-seduction-homoparentalite-les-webseries-a-ne-pas-rater-cet-automne-937954
https://www.bladi.info/threads/drague-mots-expressions-utilises.86350/

Mahfoud BOUDAAKKAR