La déesse grecque de l’amour Aphrodite a donné son nom aux aphrodisiaques, des produits  visant à augmenter sa libido et son plaisir. Ces stimulants sexuels naturels ont toujours eu leur place dans les traditions arabes et la culture musulmane.

La médecine traditionnelle arabe est riche en remèdes aphrodisiaques, en tous genres. De grands médecins et savants historiquement connus comme Al-Soyuti, ont traité des herbes médicinales et de l’apport des aliments en général, notamment concernant la sexualité. Mais la majeure partie des recettes reste encore sous forme de tradition orale, transmise d’une génération à l’autre par les détenteurs du savoir ancestral.

Aphrodisiaques : halal ou haram ?

Pour un pratiquant de l’Islam, il est légitime de s’interroger pour savoir si les aphrodisiaques sont autorisés par le Coran : ils le sont !

Aphrodisiaques dans la culture arabe.

Dans la culture arabe comme dans beaucoup de civilisations, les aphrodisiaques ont été très étudiés : dès le Xème siècle, le pharmacien Maghrébin Ibn al-Jazzar leur consacrait un livre entier, avec le chapitre Ier du livre VI du Viatique « De la défaillance dans le coït et l’impuissance ».

Cinq siècles plus tard, aux alentours de l’an 825 de l’Hégire (la date est discutée), le cheikh Nefzâouî rédigea pour le bey de Tunis Abd al Aziz II une œuvre majeure, La Prairie parfumée où s’ébattent les plaisirs. Condamné à mort, le Cheick Mohammed Nefzaoui fut alors gracié par le souverain tunisien, qui le remercia ainsi d’avoir grâce à cet ouvrage retrouvé goût à l’amour et au plaisir. Ce manuel érotique arabe est l’équivalent du Kamasutra indien : il a pour but d’initier l’homme et la femme aux plaisirs de l’érotisme.

Plusieurs chapitres de La Prairie Parfumée abordent ainsi de manière précise l’usage des aphrodisiaques, notamment dans ses chapitres 13 « De la jouissance », 15 « Des hommes impuissants », 18 « Moyens de grandir les petits totas » ou encore 21 « L’excellence de certains aliments qui facilitent les plaisirs amoureux ». La Prairie parfumée dévoile ainsi les mystères de l’amour en faisant appel aussi bien à la poésie des mots, qu’à la pharmacopée et au savoir de l’époque.

Aphrodisiaques et islam.

Contrairement à ce qu’affirment certains, l’Islam n’a jamais condamné l’usage des aphrodisiaques, sauf ceux qui seraient évidemment nocifs : « Pas de dommage à infliger ni de préjudice à subir. »
D’ailleurs, les ulémas citent d’ailleurs des aliments aphrodisiaques ou autres stimulants sexuels dans leurs ouvrages. Le Coran et les Hadiths estiment en effet le devoir sexuel comme un acte sacré et obligatoire. C’est probablement la raison pour laquelle le Prophète considérait le Costus marin, un aphrodisiaque reconnu, comme un puissant médicament : « Les meilleurs de vos remèdes sont la Hijâmah et le Costus marin. » (hadith rapporté par Al Bukhari 5696 et Muslim 1577)